Feuille de route européenne pour la réduction des émissions de GES

La feuille de route de l’Union Européenne pour la réduction des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) est particulièrement ambitieuse. Divisée par secteurs, elle fixe des objectifs chiffrés pour 2030 et 2050, ainsi que des processus à suivre pour les atteindre. Elle vient ainsi mettre en œuvre la décision validée lors du Conseil de l’UE d’octobre 2009 (1) : réduire les émissions de GES des 27 de 80 à 95% d’ici 2050. 

Ce plan est d’autant plus ambitieux que le contexte est tendu au sein de la Commission. Le Commissaire à l’énergie, Günther Oettinger, s’oppose fortement à Connie Hedegaard, la Commissaire au climat, sur le projet de relever à 30% l’objectif de réduction des émissions de GES d’ici 2020 (par rapport à 1990). Selon lui, l’Europe ne doit pas jouer un rôle de leader dans la réduction des émissions, au risque de connaître une rapide désindustrialisation (2).  

C’est en effet le secteur de l’énergie qui est le plus sollicité pour réduire ses émissions. Pour atteindre 100% de baisse en 2050, la Commission mise beaucoup sur l’électricité bas carbone, qu’elle vienne de sources renouvelables, nucléaire, ou de centrales équipées de systèmes de capture et séquestration du carbone (CSC). Elle compte également sur le système européen d’échange de quotas d’émissions (ETS).

Les deux autres postes les plus importants de réduction sont le logement et l’industrie, respectivement 90% et 80% de baisse des émissions d’ici à 2050. Si ces secteurs bénéficieront de sources d’énergie moins émettrices, la Commission prévoit également de lourds investissements pour améliorer l’efficience énergétique des bâtiments : 10 millions par an pour l’industrie d’ici à 2040-2050 par exemple. La mise en place de systèmes de CSC des émissions industrielles capteront l’essentiel de ces financements.

Enfin, deux secteurs semblent relativement épargnés par le plan de la Commission. L’agriculture s’est vue fixer l’objectif le plus bas : 49% de réduction pour 2050. La baisse viendra essentiellement d’un mode de production plus « vert » (moins de fertilisants, moins de production de viande). La Commission prévoit même que les émissions augmenteront d’1/3 afin de répondre à l’accroissement de la demande alimentaire. Quant aux transports, l’essentiel des 67% de la baisse portera sur les véhicules particuliers, devenus électriques. L’aérien et le routier sont également concernés et devraient progressivement inclure davantage de biocarburants pour le premier, et d’hybrides pour le second. Précisons tout de même que le secteur maritime est exclu de cette feuille de route.

Afin de compléter ce plan ambitieux, la Commission a publié un Plan Efficacité Energétique.

 

(1) Conclusions de la Présidence, Conseil Européen de Bruxelles, 29 et 30 octobre 2009, point 8.

(2) Actu-Environnement, Feuille de route bas carbone : l’UE mise sur un secteur électrique zéro carbone en 2050, Ph. Collet