Décarboner la mobilité en Vallée de la Seine

The Shift Project lance à la rentrée 2019 le projet « Décarboner la mobilité en Vallée de la Seine ». Soutenu par l’ADEME, il vise à éclairer le débat autour des enjeux de mobilités dans les régions Normandie et Île-de-France.

Le projet et son contexte

La mobilité quotidienne en France est aujourd’hui principalement assurée par la voiture particulière. C’est le résultat de décennies de politiques d’aménagement et d’investissements publics qui ont favorisé l’étalement urbain et la voiture. Inverser cette tendance pour réduire les déplacements individuels en voiture prendra du temps.

Or, il apparait aujourd’hui comme essentiel de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), dont la voiture est le mode le plus émetteur, au sein du secteur le plus carboné : le transport. D’autre part, la baisse de la disponibilité (physique) du pétrole et l’introduction de taxes destinées à décourager l’utilisation de combustibles fossiles induit une forte tension sur la mobilité quotidienne des Français. Cette tendance, lourde si l’action climatique est prise au sérieux, ne pourra que s’accentuer si rien n’est entrepris pour réduire la dépendance à la voiture dans la mobilité quotidienne.

The Shift Project et la mobilité

Partant de ce constat, The Shift Project a mené en 2017 l’étude « Décarboner la mobilité dans les zones de moyenne densité ». Cette étude a donné lieu à des éléments chiffrés sur les systèmes de mobilité alternatifs à la voiture particulière en solo (autosolisme) dans les zones de moyenne densité (ZMD) de France métropolitaine.

En parallèle, il est ressorti des retours des acteurs de la mobilité que l’un des freins à la transition vers une mobilité bas-carbone est la difficulté à dépasser un imaginaire monopolisé par le « tout-voiture ». Ainsi, le Shift s’est lancé en 2018 dans l’élaboration d’un « Guide de la mobilité quotidienne bas carbone » : un outil d’aide à l’action donnant aux acteurs de la mobilité des zones de moyenne densité les clés pour réussir à développer massivement la mobilité bas-carbone dans leurs territoires.

La démarche et les conclusions de l’étude de 2017 « Décarboner la mobilité dans les zones de moyenne densité » ont été très bien accueillies par les différents acteurs de la mobilité (le Shift a été consulté dans le cadre de la mise à jour de la Stratégie nationale bas carbone et à l’occasion des Assises de la mobilité fin 2017, en amont de la loi LOM). Les projets actuels du Shift visent à opérationnaliser les conclusions de ce premier travail.

Objectif du projet

Ce projet est une étude macroscopique amont sur les systèmes de mobilité intégrés, résilients et durables dans un monde bas-carbone, prenant pleinement en compte les pratiques de mobilité en Vallée de la Seine. Il propose également une réflexion sur les conditions de réalisation de ces systèmes de mobilité en réalisant une estimation des dépenses à effectuer dans cet objectif. La réflexion sur les dépenses rejoint une autre qui concerne l’emploi, qui peut être local, et sur l’activité en général (associative, sociale) en Vallée de la Seine.

Pour la première fois, des éléments chiffrés (réduction des émissions de CO2, budgets) seront apportés quant à la situation particulière de la Vallée de la Seine et les comportements de mobilités dans ce territoire, selon différents scénarios de mise en œuvre d’alternatives à l’autosolisme.

Grâce à ces résultats rigoureux et proches du terrain, nous souhaitons informer et inspirer les décideurs locaux dans la mise en œuvre d’une mobilité décarbonée, résiliente et durable.

Démarche

The Shift Project propose de reproduire une partie des résultats de l’étude France en se focalisant uniquement sur les aires urbaines de la Vallée de la Seine (VdS). Un zoom sera ainsi réalisé sur les régions Île-de-France et Normandie ainsi que sur trois métropoles, Caen, Rouen et Le Havre, afin de tirer les résultats suivants :

  • Les changements de pratique de mobilité que l’on pourrait obtenir par la mise en place de différentes alternatives à l’autosolisme ;
  • Le potentiel de réduction des émissions de C02 induits par ces changements de pratique, en émissions directes et en analyse de cycle de vie des véhicules ;
  • L’impact sur les temps de trajet des individus ;
  • Le budget nécessaire à la mise en place de ces alternatives et les postes de dépenses associés ;
  • Les économies permises par la mise en place de ces alternatives.

Méthodologie

  • Phase 1 : constitution d’un comité de suivi d’experts et professionnels du secteur qui se réunira tous les 2 mois pour suivre et conseiller le projet
  • Phase 2 : modélisation des scénarios de développement d’alternatives à l’autosolisme et calcul des différents effets (émissions, budget, temps)
  • Phase 3 : rédaction d’un rapport et d’une note méthodologique
  • Phase 4 : diffusion et portage de ce travail auprès des acteurs concernés (territoriaux et institutionnels)

Livrables

Les livrables seront les suivants :

  • Un rapport similaire à celui produit pour l’étude France (rapport « Décarboner la mobilité dans les zones de moyenne densité »), se focalisant sur la Vallée de la Seine, amendé afin d’y mettre à jour les chiffrages, graphiques et cartes présentées, correspondant au territoire étudié.
  • Une note méthodologique suivant le même modèle que la note de l’étude France (180 pages pour l’étude France) explicitant l’ensemble des méthodes utilisées et calculs réalisés, afin que les résultats décrits dans le rapport soient entièrement transparents et opposables.
  • Un résumé aux décideurs.
  • Un événement de lancement de l’étude avant les municipales de mars afin de sensibiliser les élus au sujet.
  • Deux événements de restitution, l’une à Paris, l’autre en Normandie, à un public d’élus et de techniciens territoriaux ayant des responsabilités dans les politiques locales de mobilité.

Partenaires de l’étude

L’ADEME finance à 70% ce projet, via le CPIER Vallée de la Seine, édition 2019. Le Shift est à la recherche de financements complémentaires.

Contact

Projet : paul.boosz@theshiftproject.org
Presse : communication@theshiftproject.org