Déployer la sobriété numérique : le nouveau rapport du Shift sur l’impact environnemental du numérique

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Nous sommes heureux de partager avec vous le troisième volet de nos travaux sur l’impact environnemental du numérique : « Déployer la sobriété numérique ». 

Nos deux premiers rapports, « Lean ICT – Pour une sobriété numérique » (2018) et « Climat : l’insoutenable impact de la vidéo en ligne » (2019), nous ont permis de définir notre vision du concept de sobriété numérique. Les constats ainsi établis ont alimenté, notamment grâce à la production de chiffres, une prise de conscience de l’importance de l’empreinte environnementale du numérique, de son augmentation préoccupante et des raisons systémiques qui conduisent à cette situation.

Ce troisième rapport vise à proposer des cadres méthodologiques opérationnels pour mettre en place la sobriété numérique : dans les stratégies et politiques publiques, dans l’entreprise, dans les systèmes d’usages du domaine privé.

  • Collectivités et autres acteurs : comment évaluer si le déploiement d’une technologie connectée, comme par exemple la lumière connectée, est vraiment pertinente d’un point de vue énergétique, et donc vraiment « smart » ?
  • Organisations : comment forger des systèmes informatiques (SI) sobres dans les entreprises et administrations, et s’assurer qu’ils le restent ?
  • Débat public : comment et pourquoi certains usages numériques se développent-ils plutôt que d’autres, et quelle importance ?

Comment déployer la sobriété numérique ? 

Face à la double contrainte carbone

Relever les défis du XXIème siècle implique de comprendre les limites physiques auxquelles sont soumis nos systèmes. Le réchauffement climatique, et le tarissement progressif de notre approvisionnement en énergies fossiles constituent ensemble la « double contrainte carbone ».

Le respect d’engagements comme les Accords de Paris, qui visent à assurer la survie de nos systèmes, impose de réduire drastiquement nos consommations énergétiques et les émissions de gaz à effet de serre associées. Dans notre monde fini, il est ainsi important de se souvenir que chaque transformation physique et donc chacune de nos activités réclame de l’énergie. Y compris celle d’envoyer, traiter, ou stocker une information ; et bien sûr celle de produire les équipements qui le permettent.

Le numérique : un outil et un défi, dont il faut garantir la résilience et la pérennité

Le numérique est donc à la fois un outil et un défi pour la transition carbone : les opportunités qu’il propose sont réelles, mais soumises aux mêmes contraintes que le reste de nos systèmes. Il est donc de notre ressort et de notre responsabilité de choisir les directions à donner à nos usages et infrastructures numériques pour en garantir la résilience et la pérennité.

Le défi d’innovation est d’apprendre à caractériser, notamment par une quantification des coûts énergétiques et environnementaux, les conditions de déploiement de nos technologies numériques qui les rendent pertinentes d’un point de vue environnemental.

Aujourd’hui, la croissance de nos systèmes numériques est insoutenable – +9 % d’énergie consommée par an –. Nos systèmes numériques se sont en effet construits autour de modèles économiques qui rentabilisent l’augmentation des volumes de contenus consommés, de terminaux et infrastructures déployés – notamment à travers l’« économie de l’attention ».

Déployer la sobriété numérique, c’est faire des choix afin de préserver les apports essentiels du numérique

La sobriété numérique, c’est passer d’un numérique instinctif voire compulsif à un numérique piloté, qui sait choisir ses directions : au vu des opportunités, mais également au vu des risques.

Déployer la sobriété numérique, c’est piloter nos choix technologiques, les déploiements d’infrastructures et d’usages associés afin de préserver les apports essentiels du numérique.

Il faut construire des outils pour piloter et comprendre pour débattre efficacement

The Shift Project propose donc dans ce rapport de construire des outils pour évaluer la pertinence énergétique des technologies connectées, de guider les organisations vers un pilotage environnemental de leur système d’information et de comprendre comment reprendre la main sur nos usages numériques.

Sans réflexion de cette nature, nos politiques et stratégies de déploiement des outils numériques resteront les opportunités gâchées d’une transition numérique qui, bien qu’omniprésente, échouera à contribuer à relever les défis physiques et sociétaux de ce siècle.


Le présent rapport est le résultat d’un travail collectif. Il a bénéficié de la contribution de nombreux experts, réunis dans un groupe de travail piloté par Hugues Ferreboeuf. L’équipe du Shift souhaite remercier chaleureusement tous les membres du groupe de travail, tous les contributeurs et relecteurs, ainsi que les participants aux Ateliers collaboratifs du 16 janvier 2020. L’équipe du Shift remercie également les parrains du projet : l’ADEME, AXA et l’AFD.

Contact presse : Jean-Noël Geist, chargé des affaires publiques : 06 95 10 81 91 / jean-noel.geist@theshiftproject.org

 


 


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