Décarboner la mobilité quotidienne dans les zones de moyenne densité

Enjeu et contexte

Le secteur des transports est la première source d’émissions de gaz à effet de serre (GES) en France, avec près de 30 % des émissions totales. La route génère 95 % du CO2 des transports. Les enjeux liés à la mobilité du quotidien sont largement explorés par les milieux académique et industriel. Cependant, les zones de moyenne densité sont trop souvent négligées, alors qu’elles représentent 43% de la population, et sont profondément dépendantes de la voiture particulière et son/ses carburant(s). C’est pour cela que The Shift Project a décidé de se pencher sur ce sujet.

The Shift Project et la mobilité

Dans un premier rapport « Décarboner la mobilité, moins de carbone, plus de lien » (2017) piloté par Francisco Luciano, The Shift Project mettait en évidence les potentiels du vélo, du covoiturage et des transports publics express pour réduire fortement les émissions de GES dans les zones périurbaines (une combinaison cohérente de ces 3 leviers permet une réduction de 25%) : l’effort d’investissement requis reste modeste, et le budget mobilité des Français, beaucoup discuté aujourd’hui, s’en trouve allégé.

Les notes « Peut-on faire mieux que le tout-voiture électrique en France » et « L’autopartage : oui, mais seulement en complément d’alternatives à la voiture en solo » publiées à la suite de ce rapport ont également permis d’apporter certains éclaircissements sur les « bonnes » et « mauvaises » solutions.

The Shift Project a participé aux « Assises de la mobilité », en préparation de la LOM, et a présenté le premier rapport à un grand nombre d’acteurs territoriaux. Ceux-ci, bien que souvent favorables à la démarche et sensibles aux conclusions du rapport, invoquent de nombreux freins qui les empêchent de mettre en œuvre ces solutions de mobilité.

The Shift Project a décidé d’initier le projet de « Guide pour une mobilité quotidienne bas carbone » qui s’appuie sur cinq études de cas, dont les trois premières sont en ligne (Communauté d’Agglomération de la Région Nazairienne et de l’Estuaire (CARENE)  ; Communauté Urbaine d’Arras ; Grenoble-Alpes Métropole). Les deux dernières seront publiées au premier semestre 2020 (Communauté Urbaine de Poitiers ; Eurométropole de Strasbourg).

Par ailleurs, une « Étude comparative de l’impact carbone de l’offre de véhicules » est mise à votre disposition dans sa version intermédiaire (V1). Complémentaire au Guide, elle explore les enjeux liés aux choix technologiques et leur usage (la motorisation et son vecteur énergétique, mais aussi l’infrastructure associée, et le degré d’optimisation du véhicule) et vise elle aussi à éclairer la décision publique. Une version intermédiaire a été publiée le 4 février 2020 : Panorama de l’offre de véhicules : quel est l’impact carbone systémique des technologie de véhicules ?

Un projet intitulé « Décarboner la mobilité quotidienne en Vallée de la Seine » a également été initié en 2019, avec une publication prévue en 2020. Il opérera une mise à jour du rapport de 2017, plus précis et plus ciblé sur l’Île-de-France (y compris Paris intra-muros, cette fois-ci) et la Normandie (avec un focus sur les métropoles de Caen, Le Havre et Rouen).

The Shift Project s’est également exprimé sur l’actualité

Notre think tank a notamment produit une analyse rapide du « Plan Vélo », et proposé un bilan critique des Assises de la mobilité.

Quelques chiffres : 

En 2013, le secteur des transports a émis 126 Mt de CO2 en France métropolitaine soit 28 % des émissions de GES et 36 % du CO2 national. En 2013, le mode routier était le principal émetteur de CO2 du secteur des transports (120 Mt, soit 95 %), dont 40 % dus aux voitures particulières diesel. Les « Zones de moyenne densité » (ZMD), qui sont situées à la périphérie des centres urbains, représentent 11 % du territoire, et 43 % de la population y habite. La mobilité locale dans les ZMD émet 21,3 Mt CO2, soit 17 % du total des émissions dues aux transports en France métropolitaine.

Vous pouvez consulter :

Autres travaux sur le même sujet :

Contact : communication(a)theshiftproject.org