Création de TSP

Fenêtre d’opportunité

La crise financière dont l’Europe ne se remet pas depuis 10 ans a ouvert un espace de liberté sur les scénarios de rupture. Les gouvernements ont été capables de mobiliser plusieurs milliers de milliards de dollars (de 15% à 25% du PIB mondial selon les sources) pour sauver le monde bancaire et financier en difficulté, qu’ils estimaient indispensable à leur économie.

La planète – à l’origine de toutes les ressources qui font « tourner la machine » –  étant encore plus indispensable à l’économie, il devient désormais acceptable d’envisager des scénarios de rupture d’une ampleur au moins équivalente à ce qui a été fait pour la finance mondiale. Les crises à répétition ont créé le sentiment diffus que les vieilles recettes fonctionnent de moins en moins bien, et cela crée une opportunité majeure pour proposer des plans différents.

Positionnement de The Shift Project 

The Shift Project se veut le promoteur d’une économie soutenable, qui ne soit ni anticapitaliste par principe, ni en porte-à-faux avec les constats scientifiques. Bien que nous en ayons certaines caractéristiques, nous ne nous définissons pas comme un organisme scientifique ou une ONG environnementale « classique ». Nous n’agissons pas non plus comme les représentants d’une filière professionnelle particulière.

Benchmark

Les organismes scientifiques, qui représentent le monde académique, ont pour rôle de préciser les contours du problème à résoudre, mais leur mandat n’est pas - malgré une confusion souvent faite - de proposer une solution au problème qu’ils ont mis en évidence (ce qui fera par contre partie des activités de The Shift Project).

Les organisations non gouvernementales environnementales (ONGE), historiquement les premières à avoir porté des débats dans le grand public, sont le plus souvent actives sur des secteurs particuliers (les phytosanitaires, le nucléaire, les transports, etc), mais étudient rarement des changements systémiques qui supposent une vue globale des arbitrages possibles, notamment économiques. En outre, la conformité avec la science n’est pas toujours leur règle absolue, ce qui les rend alors moins influentes auprès de certaines catégories de décideurs.

Certaines organisations professionnelles qui défendent des filières particulières sont capables d’être à la fois en bon accord avec les constats scientifiques et dans le domaine de la proposition économique constructive. Mais ce n’est pas toujours le cas, et de façon générale elles sont rarement le promoteur d’une vue globale sur la réorientation de l’économie. 

En particulier, elles conservent souvent l’habitude de penser que les indicateurs économiques classiques sont prééminents par rapport aux approches physiques – ce qui n’est pas le point de vue de TSP. De ce fait, elles sont parfois tentées de nier les constats qui débouchent sur des conclusions contraignantes pour les activités qu’elles représentent.

Enfin un dernier point est à noter : historiquement, les milieux s’occupant de changement climatique et ceux s’occupant d’énergie se sont plus souvent opposés que réunis. Une approche couplée des deux problèmes - qui est celle de TSP - est très récente et encore loin d’être complète.

The Shift Project a l’ambition d’emprunter le meilleur de chaque catégorie d’acteur pour proposer des vues globales et constructives dans la progression vers une économie décarbonée, et qui ne supposent pas de changer préalablement la nature humaine pour pouvoir s’appliquer.