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22 octobre 2026

Manger en 2050 : vers un système alimentaire robuste, bas carbone ​et souverain

The Shift Project publie son rapport intermédiaire sur l'alimentation, pour planifier une transformation ambitieuse du secteur​

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Le rapport intermédiaire

The Shift Project publie son rapport intermédiaire “Manger en 2050, vers un système alimentaire robuste, bas carbone ​et souverain​”.

 

L’objectif de cette publication est notamment d’étudier les évolutions conjointes des consommations alimentaires, des productions agricoles et de la transformation pour que le système agroalimentaire soit souverain. Trois composantes sont étudiées :

  • Ce que nous produirons​ : la production agricole en 2050​
  • Ce que nous transformerons : l’industrie agroalimentaire française en 2050​
  • Ce que nous mangerons​ : la consommation alimentaire en France en 2050​

Vous pouvez consulter :

Pourquoi ce projet ?

Un secteur vulnérable et émetteur

L’empreinte carbone de l’alimentation représente près d’un quart des émissions totales des ménages français, et représente près de 20% de l’énergie fossile utilisée en France.  Par ailleurs, le secteur agroalimentaire fait face à des défis majeurs, à la fois environnementaux, économiques et géopolitiques : dérèglement climatique, dépendance énergétique et aux intrants importés, érosion de la biodiversité, dégradation des sols, pression sur l’eau, mais aussi écarts aux objectifs en matière de nutrition et santé. Se posent des enjeux d’accessibilité à une alimentation de qualité, de coûts sociaux, de souveraineté pour le secteur, de partage de la valeur entre les maillons de la chaîne de valeur, ou encore d’emplois et de compétences. 

 

Ces questions se déclinent à toutes les étapes de la chaîne de valeur, de la production à la consommation, en passant par les différentes étapes de transformation, la distribution et la restauration. 

 

C’est dans ce contexte complexe et interconnecté que s’inscrit le projet Manger en 2050, avec l’ambition de renforcer la robustesse et la souveraineté du système agroalimentaire français tout en atténuant ses impacts.

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Des travaux dans le cadre de notre Plan Robuste pour l'Economie Française

Après le Plan de transformation de l’économie française publié en 2022, le Shift Project franchit aujourd’hui une nouvelle étape avec le Plan robuste pour l’économie française.

Porté par des dizaines de milliers de donateurs, de membres des Shifters et de professionnels engagés, ce travail collectif et inédit par son ampleur vise à structurer des réponses concrètes aux multiples crises contemporaines.

À un an de l’élection présidentielle de 2027, cette initiative poursuit un objectif clair : donner à la France les moyens de faire face aux crises énergétiques et climatiques et de reprendre son avenir en main.

Le secteur de l’alimentation aujourd’hui : dépendances élevées et résistance faible aux chocs

Le secteur de l’alimentation repose, comme beaucoup d’autres, sur l’abondance énergétique, et en particulier sur les énergies fossiles. De la ferme à l’assiette, cela représente près de 20 % de la consommation nationale d’énergies fossiles. 

 

La vulnérabilité de notre système alimentaire nous semble insuffisamment prise en compte. Depuis des décennies, l’alimentation est considérée comme un acquis. Le changement climatique et les aléas énergétiques et géopolitiques (actuels et à venir) nous obligent à regarder frontalement les dépendances et les fragilités du système alimentaire. Cela nous permet de mieux comprendre les impacts des bouleversements à venir sur une fonction critique de notre société : nous nourrir.

 

Ce diagnostic permet d’explorer des trajectoires pour bâtir un système alimentaire robuste et souverain. L’objectif est de garantir, à long terme, la continuité des fonctions vitales de ce secteur pour le pays. Ces trajectoires doivent également tenir compte des contraintes environnementales, énergétiques et climatiques.

En tendance : une aggravation de ces vulnérabilités

L’analyse des évolutions conjointes de l’agriculture, de l’industrie et de la consommation alimentaire montre une réduction des émissions de gaz à effet de serre du secteur. Cette baisse reste toutefois insuffisante pour atteindre les objectifs du secteur. 

 

En première analyse, le secteur conserve, à 2050, un niveau de dépendance fort aux énergies fossiles ainsi qu’à des importations agricoles (engrais, soja) et alimentaires (fruits et légumes, etc.). Cela laisse donc présager une vulnérabilité maintenue, voire accrue, aux aléas énergétiques, climatiques et géostratégiques.

Manger en 2050, des transformations significatives, un défi à relever

Au regard du constat dressé sur la situation actuelle, et de l’amélioration très modérée permise par le scénario tendanciel, le rapport explore d’autres futurs plus robustes et plus décarbonés. 

 

Il s’appuie notamment sur le scénario agricole “de conciliation”, développé par le Shift Project dans son rapport “Pour une agriculture bas carbone, résiliente et prospère” (novembre 2024). Il envisage également différentes trajectoires pour l’évolution de l’industrie agroalimentaire, articulant souveraineté et décarbonation, ainsi que la consommation alimentaire. Ces dernières reposent sur plusieurs variantes exploratoires : certaines axées sur les tendances à l’innovation, d’autres privilégient le développement de la cuisine à partir de produits bruts.

 

Ces premières explorations dessinent de premières pistes pour atteindre les objectifs énergétiques et ceux de réduction des émissions de gaz à effet de serre nationaux. Cependant, elles ne permettent pas l’atteinte des objectifs de souveraineté alimentaire (dont nous proposons une définition), ni totalement en termes de santé et de nutrition.

 

Ces résultats intermédiaires appellent donc à continuer d’explorer d’autres futurs possibles, et à instruire les moyens pour la France de s’engager dans une trajectoire souhaitable. Un enjeu majeur sera notamment d’assurer l’adéquation entre l’offre agricole et alimentaire nationale et la consommation de la population, et ainsi sécuriser nos filières.

Les limites de notre analyse à ce stade

Cet exercice n’a pas pour finalité de prédire l’avenir, ce qui est impossible. Il vise plutôt à explorer différents futurs possibles et à en éclairer les conséquences et les compromis pour les différents acteurs économiques, les pouvoirs publics et la population.

 

Les analyses et les scénarios portent sur les flux physiques (volumes de matière, quantité d’énergie, etc.). Les prix, les marges, les coûts d’investissement et le pouvoir d’achat ne sont pas pris en compte dans les scénarios ni les modélisations. 

 

Les résultats ne sont détaillés ni par territoire, ni par groupe de population, ni par saison. Ces résultats illustrent des données moyennes à l’échelle de la France, ce qui masque les situations spécifiques et atténue les variations extrêmes.

 

Nos travaux abordent des enjeux de santé et de nutrition. Cependant, ces analyses portent sur une moyenne à l’échelle de la population française, sans tenir compte des différences de pratiques et besoins alimentaires plus spécifiques. Nous ne formulons donc aucune recommandation individuelle ni par groupes de la population, et nous n’avons pas l’expertise suffisante pour aborder les enjeux de micropolluants, d’alimentation ou de nutrition des individus.

 

Les données de consommations et les projections que nous réalisons comportent également des limites liées à la méthodologie : nous partons d’une enquête de consommation déclarative (Nutrimétrie) et de données de consommation passées (entre 1999 et 2019) pour projeter la consommation future par poursuite des tendances en tenant compte des effets d’âge et de génération. Cela repose sur l’hypothèse implicite que les tendances de long terme se maintiennent, ce qui ne formule pas d’hypothèses liées au contexte socio-culturel et économique (effets de période), et ne capte pas les tendances récentes (comme la hausse de consommation d’œufs et de volaille ces dernières années).

Les prochaines étapes

Les prochaines étapes vont se structurer autour de quatre grands axes de travail : 

  1. Affiner nos scénarios​
  2. Réaliser l’évaluation économique de ces scénarios
  3. Approfondir les stress tests de ces scénarios
  4. Approfondir les leviers et recommandations

Nous avons besoin de vous !

Cette publication intermédiaire est une étape d’ouverture. The Shift Project a jusqu’à présent associé de nombreux partenaires aux réflexions, mais souhaite recueillir les retours de tous les acteurs concernés afin de consolider ses hypothèses, enrichir ses réflexions, tester ses scénarios et identifier les angles morts du travail engagé.

Nous invitons les professionnels du secteur de l’alimentation à contribuer à cette réflexion.

Vos retours seront précieux pour améliorer notre travail en vue du rapport final et construire des trajectoires de transformation à la fois compatibles avec les contraintes climatiques, robustes face aux crises énergétiques, et réalistes pour les filières, les ménages, les territoires.

Pour contribuer, merci de commenter le document collaboratif mis à disposition en veillant à sourcer un maximum vos remarques. Si besoin, vous pouvez écrire à clemence.vorreux@theshiftproject.org

L'équipe

  • Clémence Vorreux, Coordinatrice du Programme Agriculture & Alim​entation
  • Capucine Laurent​, Cheffe de projet “Manger en 2050​”
  • Corentin Biardeau-Noyers​, Ingénieur projet “Manger en 2050​”
  • Laure Le Quéré​, Ingénieure experte “Manger en 2050​”

Merci à nos partenaires financeurs

Ainsi qu'à nos partenaires intellectuels

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