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14 avril 2026

Le Shift Project publie le premier volet de son Plan robuste pour l'économie française

Dans un contexte de crises énergétiques et climatiques sans précédent, le Shift Project publie le premier volet de son Plan robuste pour l'économie française (PREF)

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Découvrez le rapport !

Avec « Réussir la transition dans l’incertitude », le Shift Project propose une boussole robuste pour agir, dans un tout nouveau rapport inédit par son ampleur. 

Vous pouvez télécharger :

Ce rapport « Réussir la transition dans l’incertitude » constitue la première brique technique de notre Plan Robuste pour l’Économie Française (PREF), un travail collectif et inédit financé par plus de 30 000 donateurs lors d’une campagne record, et porté depuis plus d’un an par des milliers de Shifters (nos bénévoles) et de professionnels engagés. Un livre de synthèse, Le plan robuste pour l’économie française, sortira le 14 octobre prochain en librairie.

Il est urgent d’organiser la sortie des énergies fossiles

L’effort de transformation de l’économie française va avoir lieu dans un contexte dégradé de crises de plus en plus fréquentes. Nous devons le maintenir malgré les turbulences. C’est toute la question que pose ce travail transverse du Shift Project : comment décarboner malgré l’incertitude ? Comment rendre la transition française robuste aux aléas extérieurs ?

Dans ce contexte énergétique et climatique contraint et à l’heure où les crises énergétiques frappent à nouveau violemment l’Europe, la réussite de tout projet économique pour la France est conditionnée au succès de la décarbonation : celle-ci redonne de la liberté d’action et devient une condition de notre souveraineté. On rappelle que la France reste dépendante à plus de 60% des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) pour sa consommation d’énergie.

Pour éclairer le débat public à un an de l’élection présidentielle, ce nouveau rapport apporte des enseignements et propositions pour sécuriser la transformation de l’économie, et rendre la décarbonation française robuste aux aléas des 20 prochaines années.

« La sortie des combustibles fossiles doit devenir la colonne vertébrale des politiques publiques »

Jean-Marc Jancovici 

Découvrir notre nouveau rapport

Du Plan de transformation de l’économie française (PTEF)... au Plan robuste pour l’économie française (PREF)

Dans un monde qui se fragmente et soumis à des chocs, les systèmes se grippent, les prévisions se faussent et les plans ne se déroulent pas comme prévu.

Il y a 5 ans, le Shift Project présentait son Plan de Transformation de l’Économie Française (PTEF), un livre proposant des mesures concrètes pour réduire de 5 % par an les émissions de gaz à effet de serre de la France. Cette feuille de route réaliste et chiffrée de notre décarbonation, dans la lignée d’autres scenarios (RTE, ADEME, négaWatt), veillait à la cohérence entre l’énergie bas-carbone disponible, les emplois nécessaires et la réduction de nos émissions nationales au bon rythme.

Cependant, notre plan supposait en filigrane un contexte stable et prévisible, sans explorer les risques liés à l’échec partiel ou total de certaines mesures.

Ce nouveau travail réinterroge les analyses et recommandations du PTEF à l’aune des probables chocs, perturbations et aléas des 25 prochaines années. Notre objectif est de sécuriser la transition en tenant compte du fait que le monde sera incertain, et que les acteurs français ne pourront pas tout maîtriser dans les décennies à venir.

Décarboner la France et l’Europe, c’est gagner en souveraineté
et retrouver une maîtrise de notre destin face aux incertitudes sur l’avenir.

Pourquoi un plan robuste ?

La robustesse désigne la capacité d’un système à remplir ses fonctions malgré un certain nombre d’aléas extérieurs. Pour le Shift Project, rendre la décarbonation robuste signifie augmenter les chances qu’elle se réalise malgré les aléas des 25 prochaines années.

La robustesse se distingue de la résilience, qui désigne la capacité d’un système à retrouver tout ou partie de ses fonctions après qu’il a subi un choc qui a affecté ses fonctions (et donc, auquel il n’était pas robuste).

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Zoom sur
20 chantiers prioritaires

Notre analyse plonge au cœur de 20 grands chantiers : ceux sans lesquels la transition bas-carbone ne réussira pas. Sans être exhaustifs, les chantiers retenus couvrent une large partie des enjeux de décarbonation et illustrent l’ensemble des familles d’actions que la France doit mener et accélérer.

  • Transports : déploiement du vélo, extension des transports en commun, généralisation de la voiture électrique (sobre), massification du train, décarbonation de l’aérien (SAF et baisse du trafic), relance du fret ferroviaire, déploiement des camions électriques
  • Logement : rénovation des habitations, déploiement des pompes à chaleur (PAC)
  • Numérique : maîtrise du déploiement des centres de données
  • Industrie : production d’acier bas-carbone, production d’hydrogène bas-carbone, captage et séquestration de carbone (CCS)
  • Agriculture : transformation de nos systèmes d’élevage (baisse sélective des
    cheptels bovins), transformation de notre gestion de l’azote (légumineuses), maintien et développement des puits de carbone naturels, agricoles et forestiers
  • Énergie : prolongation du nucléaire historique et lancement du nouveau nucléaire (EPR2), déploiement des énergies renouvelables (photovoltaïque, éolien terrestre, éolien en mer), déploiement soutenable des bioénergies

Nos 6 enseignements clés pour sécuriser la transition

Nous avons mené une analyse de robustesse imaginant des trajectoires dégradées de décarbonation, pour mieux les éviter. Ces trajectoires chiffrées ont été construites à partir de variantes – en termes d’émissions de GES, de consommation d’énergie, de cuivre, et d’emploi – supposant des issues plus ou moins optimistes pour chaque chantier.

La cartographie des possibles obtenue nous a permis de proposer de grandes lignes d’action pour une décarbonation française réussie dans un contexte incertain.

En voici les 6 enseignements clés :

1. La France peut encore réussir sa décarbonation : si elle en fait, dès le prochain quinquennat, une priorité politique et économique absolue

Même dans un contexte incertain, où les imprévus seront inévitables, la transition peut aboutir. En revanche, tout affaiblissement de l’ambition ou tout retard dans sa mise en œuvre accroîtrait les tensions autour des ressources énergétiques, dans un monde déjà marqué par l’instabilité et les aléas. L’urgence est d’accélérer, sans compromis.

2. La France a pris trop de retard pour faire l'impasse sur les chantiers majeurs, qu'il va falloir tous mener de front. Cependant, si elle parvient à accélérer sur l'ensemble des chantiers, elle regagnera du pouvoir de décision sur sa trajectoire au cours de la décennie 2040.

Sécuriser la décarbonation demande de déployer simultanément tous les leviers de décarbonation : 1. la production d’énergies bas carbone française ; 2. l’électrification massive de l’économie ; 3. la maîtrise de la consommation d’énergie ; 4. la réduction des émissions de carbone hors combustion ; 5. la préservation des puits de carbone naturels. Il est nécessaire de ne faire l’impasse sur aucun de ces leviers.

3. L’électrification massive des équipements est incontournable pour une décarbonation poussée de l’économie française, et pour mettre à l’abri les ménages français des prochaines crises sur les énergies fossiles.

L’électrification des machines et équipements doit s’accélérer : petites voitures électriques abordables, pompes à chaleur, procédés industriels électriques, flottes de camions électriques doivent faire l’objet de planifications dédiées.

Il faut inciter, accompagner, contrôler et protéger les industries européennes pour qu’elles électrifient leurs procédés et qu’elles produisent des équipements électriques abordables.

Il faut aider et accompagner les ménages à s’en équiper. Le plein déploiement prendra une quinzaine d’années pour la voiture. Chaque petite voiture électrique abordable vendue mettra à l’abri un ménage des futurs chocs sur l’essence. Chaque pompe à chaleur qui remplacera une chaudière à gaz mettra à l’abri un ménage des futurs chocs sur le gaz.

4. Electrifier nos équipements demande une forte hausse de la production électrique bas-carbone française.

Renoncer au nucléaire ou ralentir le rythme de déploiement des énergies renouvelables, c’est risquer de manquer d’électricité bas-carbone et souveraine dès la décennie 2030.

Nos modélisations montrent que stopper le déploiement des EnR mène à manquer d’électricité dès la décennie 2030 ; sortir volontairement du nucléaire mène à manquer d’électricité au cours de la décennie 2040. Renoncer au déploiement des EPR2 fait reposer le destin électrique de la France sur la prolongation du parc nucléaire actuel à 70 ans et sur un déploiement plein et sans faute des EnR. Déployer les EnR à un rythme modéré fait reposer le destin électrique de la France sur la prolongation du parc nucléaire actuel à 70 ans et sur un déploiement de plus de 6 EPR2 en 2050.

5. Maîtriser la consommation des différentes énergies (carburants liquides, gaz, électricité) est indispensable pour sécuriser la décarbonation française.

La maîtrise de la consommation d’électricité permet d’éviter des conflits d’usages sur l’électricité, entre électrification des équipements, production de carburants électriques (efuels) et usages actuels des ménages. Pour les équipements qu’on ne saura pas faire fonctionner à l’électricité, la maîtrise de la consommation de carburants liquides et de gaz permet d’éviter la surexploitation de la biomasse (ou de l’électricité pour les e-fuels) pour les produire et d’en limiter les impacts agroécologiques. Il faut ainsi démultiplier l’usage du vélo, déployer les transports en commun et le train, réduire le trafic aérien, rénover massivement les logements, continuer à améliorer l’efficacité des équipements, maîtriser le déploiement des centres de données.

6. La décarbonation de l’économie repose sur un défi majeur : une transformation profonde des compétences et de l’emploi.

La décarbonation ne se fera pas sans formation. Certains métiers se transforment fortement, comme les mécaniciens automobiles, mais tous les métiers sont concernés à divers degrés. Cela doit être planifié sans délai : créer ou transformer une formation peut prendre 2 à 10 ans.

La décarbonation nécessite des centaines de milliers d’emplois supplémentaires dans des secteurs clés : rénovation des bâtiments, ferroviaire, électricité… Les profils à recruter sont principalement des ouvriers et techniciens. Ces emplois sont souvent en tension et peu attractifs : la qualité des emplois doit être améliorée pour attirer et fidéliser les professionnels.

Pour les secteurs dont l’activité doit décroître (aérien, transport poids lourds, énergies fossiles…), un dialogue sans tabou doit être ouvert entre représentants des salariés et des employeurs, pour projeter les évolutions d’activité et leur conséquence sur les emplois dans chaque entreprise et chaque filière.

« Chaque petite voiture électrique abordable vendue mettra à l’abri un ménage des futurs chocs sur l’essence. Chaque pompe à chaleur qui remplacera une chaudière à gaz mettra à l’abri un ménage des futurs chocs sur le gaz. »

 

 

L'électrification des usages au cœur de nos propositions

L’électrification massive des usages (transports, bâtiments, industrie) est incontournable pour une décarbonation poussée de l’économie française et pour mettre à l’abri les Français des chocs énergétiques : elle est conditionnée à une transformation rapide des équipements (véhicules, chauffages, procédés industriels).

Lire la synthèse

Une consultation très large de professionnels

Pour chacun des 20 chantiers, nous avons interrogé des dizaines d’experts et consultés les professionnels des filières concernées.

Notre objectif : comprendre ce qu’il faut pour que ça marche vraiment, et identifier ce qui risquerait de tout faire échouer (manque de main d’œuvre, retards industriels, évolution lente des usages…). 

Tous les travaux du Shift Project mobilisent largement des experts, professionnels et parties prenantes, dans une démarche de recherche ouverte, itérative et collaborative. Des consultations spécifiques occupent une place centrale dans le Plan robuste pour l’économie française. Elles contribuent à enrichir les travaux de recherche et les actions d’influence du Shift Project et des Shifters, qui mènent ce travail de terrain de manière coordonnée. Plusieurs consultations ont ainsi été lancées ou sont à venir :

  • La Grande Consultation des Agriculteurs, qui a recueilli près de 7 800 contributions, permettant de faire émerger et porter la voix des agriculteurs dans le débat public.
  • La Grande Consultation des Maires et des élus municipaux qui a recueilli les contributions de plus de 3 000 élus sur le bilan tiré en fin de mandat et les priorités et besoins pour le prochain mandat municipal. 
  • La Grande Consultation du Sport, qui a récolté les réponses de plus de 12 000 pratiquants, dirigeants de clubs, encadrants et athlètes. Les résultats seront dévoilés le 8 avril lors d’un événement ouvert à tous.
  • La Grande Consultation Santéqui s’adresse aux médecins, aux infirmiers et aux pharmaciens en les interrogeant sur le lien entre leur pratique, l’énergie et le climat.
  • La Grande consultation de la distribution et de la réparation automobile, qui s’adressera aux concessionnaires, garagistes, réparateurs etc. sera lancée en 2026 par l’équipe Automobile & Mobilités routières et les Shifters.

Contacts

Clément Caudron, chef de projet Transition Robuste
clement.caudron@theshiftproject.org

Nicolas Raillard, coordinateur Transition Robuste
nicolas.raillard@theshiftproject.org 

Mona Poulain, chargée de communication 
mona.poulain@theshiftproject.org

Héloïse Lesimple, responsable adjointe affaires publiques heloise.lesimple@theshiftproject.org

 

A propos du
Plan robuste pour l'économie française

Après le Plan de transformation de l’économie française publié en 2022, le Shift Project ouvre un nouveau chapitre avec le Plan robuste pour l’économie française (PREF).

Porté par des dizaines de milliers de donateurs lors d’une campagne record, de membres des Shifters et de professionnels engagés, ce travail collectif et inédit par son ampleur vise à structurer des réponses concrètes aux multiples crises contemporaines.

À un an de l’élection présidentielle de 2027, cette initiative poursuit un objectif clair : donner à la France les moyens de faire face aux crises énergétiques et climatiques et de reprendre son avenir en main. 

Ce rapport « Réussir la transition dans l’incertitude » constitue le premier volet du Plan robuste pour l’économie française. Un livre de synthèse, Le plan robuste pour l’économie française, sortira le 14 octobre prochain en librairie.

Merci aux plus de 36 000 donateurs qui rendent ces travaux possibles !

Notre campagne de financement participatif, lancée en mai dernier, a reçu un soutien massif : plus de 36 000 contributions et plus de 4,5 millions d’euros collectés. Merci à toutes celles et ceux qui rendent nos travaux possibles !

Merci également aux membres financeurs du Shift, qui agissent année après année à nos côtés en faveur de la décarbonation et de la transformation de l’économie.

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