Plan de transformation de l’économie française : focus sur le logement individuel et collectif

The Shift Project travaille sur ce secteur dans le cadre du vaste Plan de transformation de l’économie française (PTEF) initié durant le 1er confinement. En 2020, les premiers travaux sectoriels et transversaux ont donné lieu à des publications d’ensemble et à des fiches thématiques. En 2021, les travaux de recherche continuent, cette fois secteur par secteur, via la consultation et la mobilisation du plus grand nombre d’acteurs possible.

Rapport intermédiaire

Le 30 juin 2021, nous avons publié le rapport intermédiaire consacré au secteur du logement et intitulé « Habiter dans une société bas carbone ». Il s’agit de la quatrième publication sectorielle approfondie réalisée dans le cadre du vaste Plan de transformation de l’économie française (PTEF).

Que contient ce rapport ? Ce rapport présente les principaux enjeux auxquels est confronté le secteur aujourd’hui et propose différents leviers de décarbonation. Il dresse également un portrait du secteur après transformation : les logements sont sains, ils ne consomment plus d’énergie fossile, et la précarité énergétique a considérablement reculé. 

Pourquoi un rapport intermédiaire ? Parce qu’il s’agit d’un document de travail soumis à la consultation du public. Il a vocation à évoluer jusqu’à la publication du rapport final fin2021. Si vous souhaitez nous faire part de vos retours, faites-les directement dans la version Word du rapport, ou écrivez à remi.babut@theshiftproject.org.

Replay de la conférence de présentation du rapport intermédiaire

Retrouvez les support de présentation et les comptes rendus des ateliers collaboratifs sur la page de publication du rapport.

Habiter dans une société bas carbone

Le secteur du logement est en lien direct avec la structuration de nos sociétés. La densité et les formes urbaines varient avec les contraintes extérieures, la nécessité de nous regrouper ou la possibilité de nous déplacer pour échanger et nous rencontrer.

Parce qu’il constitue la première couche de notre environnement que c’est l’un des espaces où nous passons le plus de temps, le logement doit avant tout fournir les services de base qui nous permettent de survivre et de prospérer sous nos climats.

C’est pour y répondre que nous avons besoin de logements solides, résistants aux intempéries comme aux intrusions, et pérennes afin d’être transmis. C’est pour répondre encore à ces besoins que nous chauffons nos logements, de manière moderne avec des énergies qui nous ont apporté le confort et la santé (malgré une précarité énergétique qui persiste dans des proportions significatives), qui nous ont permis de sortir les bêtes qui étaient nos radiateurs, et de faire disparaître les fluxions qui avaient encore raison de La Traviata au XIXe siècle…

Le logement est donc l’une des bases de nos conditions matérielles d’existence et il a une influence majeure sur l’ensemble de nos vies. Les enjeux environnementaux sur lesquels ce rapport met l’accent ne doivent pas faire oublier les énormes enjeux sociaux autour du mal-logement. Ils ne font pas l’objet de ce rapport, mais la rénovation du parc bâti, principale tâche à mener pour la réduction de l’empreinte environnementale du logement, aura un impact très positif sur la précarité énergétique.
 
Ce rapport doit permettre de prendre du recul en intégrant la transformation du logement à la vision systémique du PTEF, ce qui implique de dépasser le périmètre des objets techniques habituellement considérés et de les considérer en lien avec l’organisation du territoire, et tout ce que nous entendons par « habiter » dans notre société.

Voici, à ce stade, nos premières conclusions : 

La rénovation du parc de logement est un passage obligé de la décarbonation de notre économie. Pour être en phase avec les ambitions de décarbonation quasi-totale du bâtiment, il est nécessaire de rénover les enveloppes de manière performante et d’utiliser une énergie décarbonée (et renouvelable concernant la chaleur). La priorisation entre ces deux leviers n’a de sens que si l’on se résigne à ne pas atteindre ces objectifs de décarbonation

La rénovation du parc de logement constitue un chantier de longue haleine, qui doit mobiliser des compétences dont nous ne disposons pas aujourd’hui à l’échelle suffisante. L’ampleur des transformations à entreprendre à l’horizon 2050 impose une action organisée et vigoureuse. Sans cela l’important volume de rénovations à réaliser semble peu réaliste.

De même, les changements d’approvisionnement de chauffage vers de énergies décarbonées appellent une accélération du rythme très conséquente qui présente des difficultés techniques (RCU et PAC notamment). Du fait de l’inertie du parc, il est urgent de promouvoir plus efficacement la substitution aux énergies fossiles dans le parc existant.

Les logements neufs semblent en bonne voie de décarbonation avec des seuils qui s’imposeront à leurs émissions énergétiques comme à leurs émissions de construction. Ces seuils et leur rythme d’application prévisionnel paraissent en ligne avec les objectifs de décarbonation.

Cependant, la quantité de construction neuve a été peu questionnée jusqu’à présent dans les productions sur la transition écologique du logement. Il s’agit pourtant d’une des causes majeures de l’artificialisation des sols, à l’origine de flux de matière et d’émissions de GES importantes, y compris lorsqu’on les compare à celles de l’exploitation du parc

En regard de ces externalités négatives importantes, la construction neuve semble insuffisamment discutée entre échelons territoriaux, et insuffisamment coordonnée et planifiée dans une optique de réponse aux besoins et de décarbonation

Malgré une tendance à la convergence, les diverses stratégies et politiques liées au logement (habitat, rénovation) sont insuffisamment intégrées entre elles et avec les stratégies de transition bas carbone et environnementale.

Ce travail s’est nourri et doit continuer à se nourrir des contributions de tous les acteurs concernés et intéressés par la question de l’avenir du logement et prêts à apporter leur pierre à l’édifice.


Comment contribuer au PTEF ?

En vue d’alimenter le travail sectoriel et de nourrir le débat public français, Les Shifters (l’association des bénévoles du Shift) mènent entre octobre 2020 et l’été 2021 une grande consultation sous le nom de code de « Big Review ». Pour participer, pas besoin d’être un expert, c’est votre avis de citoyen qui compte ! Si vous voulez participer, quatre moyens de vous impliquer :

  • Donnez votre avis en répondant au questionnaire en ligne et en encourageant votre entourage à le faire : http://www.bit.ly/3k9rKju
  • Participez à un atelier de discussion en vous inscrivant à l’une des prochaines sessions : https://www.weezevent.com/bigreview 
  • Devenez-vous aussi Shifter et organisez un atelier de discussion pour mobiliser votre entourage : https://bit.ly/2FAxZhh
  • Suivez le Shift Project et les Shifters sur les réseaux sociaux et partagez les informations relatives au PTEF et à la Big Review.

Notre objectif est de recueillir au moins 10 000 réponses au questionnaire et d’organiser 1 000 discussions sur l’ensemble du territoire, alors nous avons besoin de vous pour construire collectivement ce nouveau projet de société !

Précédentes publications

Fin 2020, le Shift a pu consolider une Vision globale_v1 du PTEF grâce aux nombreux retours engrangés depuis la publication de la Vision globale_v0 le 16 juillet 2020. Cette consolidation a donné lieu à la publication de fiches de synthèse de 2 pages et à la publications de fiches sectorielles approfondies.

Nous vous proposons ici de découvrir les compilation de ces fiches. 

Fiche de synthèse
Logement
Avancement du PTEF à octobre 2020

Fiche sectorielle longue
Logement
Avancement du PTEF à fin 2020

  • Les fiches présentées traitent d’un sujet parmi une vingtaine, qui sont intriqués les uns aux autres. Ensemble, ces fiches reflètent l’état d’avancement de notre travail de définition d’une vision cohérente, multisectorielle, d’une économie transformée.
  • Cette vision globale reste à parfaire (encore), à débattre (toujours), et à compléter (bien sûr !) par des propositions de mesures opérationnelles avant de devenir un plan (un vrai ?) à proprement parler.
  • Cette vision globale de la transformation sert ainsi de point de départ pour mobiliser les acteurs sectoriels et territoriaux concernés. Le but de cette mobilisation : recueillir leurs avis, faire avancer les réflexions sur la décarbonation et la résilience dans leurs domaines respectifs, et ce faisant élaborer, secteur par secteur, des mesures plus concrètes permettant de déclencher la transformation dans les bons ordres de grandeur.
  • Les fiches reflètent la maturité du débat dans les différents secteurs :
    • pour certains secteurs, comme ceux des services, l’heure est encore à la bonne compréhension du niveau actuel d’émissions de gaz à effet de serre (GES) ;
    • pour d’autres secteurs, elle est à la bonne compréhension de l’efficacité des différents leviers qui peuvent être actionnés (fret, mobilité longue distance, industrie…) ;
    • pour les secteurs les plus matures, l’heure est à la définition des modalités de mise en œuvre des leviers apparus comme les plus efficaces (mobilité quotidienne, numérique, logement…).
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