Limitation à 80 km/h pour les poids lourds sur autoroute : ralentir pour accélérer la transition

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À la publication des chiffres (estimations provisoires) des émissions territoriales pour la France en 2022, on constate une nouvelle fois que le secteur du transport ne parvient toujours pas à entamer une trajectoire de réduction, avec une hausse des émissions de 2% en 2022, principalement dû au transport routier (Citepa, 2023).

Nous portons donc ici une proposition pour impulser un changement au sein du seul secteur de l’économie française dont les émissions de GES n’ont pas baissé depuis 1990, et qui en plus est le secteur le plus émissif de notre société : réduire la vitesse maximum des poids- lourds sur autoroute à 80 km/h.

Cette mesure est décrite comme étant simple et immédiate : elle ne nécessite pas de nouvelles technologies, ou nouveaux vecteurs énergétiques, ni infrastructure à créer, étendre ou repenser. Bien entendu, nous comprenons néanmoins que la mise en œuvre opérationnelle de cette mesure nécessitera notamment des ajustements organisationnels.

Nous proposons une analyse rapide des coûts directs liés à cette mesure, et les calculs effectués indiquent que la mesure s’autofinance entre économie de carburant d’un côté, et temps de travail allongé de l’autre.

Selon les hypothèses de taux et de variables pris en compte, la réduction des GES obtenue par cette simple mesure peut représenter à elle seule plus de 50% de l’objectif de décarbonation annuelle du secteur de 5%, et permettrait – toute chose étant égale par ailleurs – d’effectuer une première baisse sensible des émissions du transport, hors crise financière et COVID.

Retrouvez la note « 80 km/h pour les poids lourds » :

 

Assurer le fret dans un monde fini

Cette fiche technique s’inscrit dans le cadre des travaux du Shift Project sur la décarbonation du fret, huitième volet du vaste Plan de transformation de l’économie française (PTEF) lancé il y a plus de 3 ans.

Le rapport « Assurer le fret dans un monde fini », publié en mars 2022, s’intéresse à un secteur hautement dépendant des énergies fossiles, et qui représente 9% des émissions de gaz à effet de serre de la France.

 


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