« La transition bas carbone : une opportunité pour l’industrie automobile française ? » : le Shift publie son rapport final

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Nous avons le plaisir de vous présenter le rapport « La transition bas carbone : une opportunité pour l’industrie automobile française ? », troisième publication du vaste Plan de transformation de l’économie française (PTEF). 

Ce rapport présente les nombreux défis auxquels fait aujourd’hui face l’industrie automobile et les leviers de décarbonation à actionner dès 2022.

La transition bas carbone de l’industrie automobile

Nouvelle publication du Plan de transformation de l’économie française (PTEF), ce rapport propose une série de mesures opérationnelles et réglementaires pour préserver l’excellence française de la filière automobile tout en relevant les nombreux défis énergétiques et climatiques auxquels elle est confrontée.

Avec 21 % des émissions de gaz à effet de serre nationales, le secteur doit se transformer en profondeur pour permettre à la France d’atteindre la neutralité carbone en 2050.

Contexte

L’industrie automobile fait aujourd’hui face à des défis sans précédent : il s’agit d’opérer en quelques années une mutation profonde sur tous les plans, du produit au modèle économique, pour être au rendez-vous incontournable de la décarbonation complète des transports d’ici 2050 et de la raréfaction des énergies fossiles.

La méthodologie adoptée par le Shift Project dans le cadre du PTEF repose sur une analyse des flux physiques (matière, énergie, masse des véhicules, nombre de kilomètres parcourus, nombre d’emplois dans le secteur) et une approche systémique mettant en interaction une dizaine de secteurs pour déterminer les leviers de décarbonation à actionner pour le prochain quinquennat (2022-2027) et à horizon 2050. L’objectif étant de réduire les émissions nationales de 5 % par an dès 2022.

Trois axes de transformation

Le Shift Project propose trois axes pour rendre la mobilité routière française et son industrie décarbonée et résiliente :

  • Réduire l’empreinte carbone des véhicules hors de leur phase d’usage : le PTEF prévoit l’allègement pour les véhicules neufs (- 300 kg hors batterie ou à motorisation identique en 2035) ainsi que la suppression dès 2025 de l’index correctif masse dans le calcul des objectifs CO2 des constructeurs opérant en Europe. Cela doit être couplé à une limitation à 50 kWh de la taille maximale de batterie pour les véhicules particuliers, afin de limiter fortement l’empreinte carbone de fabrication des véhicules électriques.
  • Développer, produire en France et diffuser en grande série des véhicules sobres et bas carbone : l’allègement des véhicules doit s’accompagner de leviers d’efficacité comme l’aérodynamisme, la maîtrise des équipements consommateurs d’énergie et l’installation de motorisation à haut rendement, qu’elle soit électrique ou hybride avec récupération d’énergie et carburant décarboné. Les dispositifs d’aides aux ménages les plus contraints seront renforcés. Des objectifs de performance énergétique pour les véhicules vendus doivent enfin être mis en place au niveau européen.
  • Accompagner et saisir les opportunités liées aux évolutions de l’usage du parc automobile : dans la vision portée par le PTEF, les habitudes de mobilité changeront en profondeur, avec l’amélioration des taux de remplissage des véhicules (transport de personnes et transport de marchandises) et le report modal de la voiture vers des modes moins carbonés (transports en commun, vélos, deux roues électriques, micro-voitures, train). L’évolution des pratiques ira de pair avec le développement et l’industrialisation de ces modes de transport alternatifs.

Allier compétitivité et emplois

Dans ce rapport, le Shift Project se préoccupe aussi de l’évolution des emplois sur l’ensemble de la filière automobile, qui compte 900 000 emplois directs aujourd’hui, et de l’accompagnement nécessaire en termes de formation et de reconversion. Le développement d’une filière vélos complète et le soutien à la relocalisation de la construction automobile pourra permettre d’amortir la diminution d’effectifs liée au recul de la voiture dans notre mobilité.


À propos du PTEF

Né dans le sillage de la crise sanitaire, le PTEF vise à proposer des voies pragmatiques pour transformer l’économie en la rendant moins carbonée et plus résiliente.

Initié au début du 1er confinement, ce plan s’inscrit dans la perspective du fameux « monde d’après », et a vocation à alimenter le débat public qui va précéder l’élection présidentielle de 2022. Il s’agit d’une tentative de conception « à grande échelle » d’un programme systémique de mesures opérationnelles (réglementaires, économiques, fiscales, sociales) destinées à rendre notre économie effectivement compatible avec la limite des 2°C désormais communément prise pour objectif, dans de nombreux secteurs.

En 2021, les travaux de recherche continuent, cette fois secteur par secteur, en consultant et en mobilisant le plus grand nombre d’acteurs possible.

Pour découvrir ce qui a déjà été publié au titre du PTEF, rendez-vous sur notre site web.


L’équipe du projet

Ce travail a d’abord été conduit depuis 2020 par Jacques Portalier (Consultant, expert Transports) en lien avec Nicolas Raillard (coordinateur du projet pour The Shift Project), et avec l’appui depuis mars 2021 de Laurent Perron (ingénieur automobile), de Nolwenn Brossier et de Paul Boosz (The Shift Project) pour les calculs.

Ce rapport s’appuie sur les contributions, les conseils et la relecture de dizaines de professionnels du secteur : nous les remercions vivement.

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