« Guide pour une mobilité quotidienne bas carbone » : le rapport du Shift pour les collectivités

Ce Guide met en évidence les leviers les plus (et les moins) prometteurs pour parvenir rapidement à un report modal depuis la voiture en solo vers des modes actifs ou partagés. Cela implique d’adopter une approche systémique s’appuyant sur la complémentarité des modes et des actions mises en place.

Un Guide pour les acteurs de la mobilité : aller vers un système cohérent d’alternatives à la voiture en solo dans les zones de moyenne densité

Ce Guide a vocation à éclairer le débat, dans le contexte des élections municipales, de la mise en oeuvre de la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM) et d’une urgence climatique de plus en plus pressante. Il propose des éléments de méthode indispensables et éprouvés, afin d’accompagner la planification et la mise en oeuvre de politiques cohérentes et efficaces en matière de mobilité.

Ce Guide s’adresse d’abord aux acteurs de la mobilité, et particulièrement aux collectivités, Autorités organisatrices de mobilité (AOM) en tête. Il est également destiné aux autres acteurs des territoires, dont les entreprises qui mettent en oeuvre des Plans de mobilité employeurs (PDM) ou les acteurs des politiques publiques locales comme les associations d’usagers. Enfin, ce Guide est utile à tous les acteurs de la société qui cherchent à s’informer sur la transition vers une mobilité bas carbone.

En septembre 2017, nous constations que « Décarboner la mobilité dans les Zones de moyenne densité, c’est possible ! » : en 2020, ce constat est toujours valable.

Les collectivités en première ligne de la transition vers une mobilité bas carbone

Le secteur des transports est la première source d’émissions de gaz à effet de serre (GES) en France, avec près de 31 % des émissions totales. La route génère 95 % du CO2 des transports.

La Loi d’orientation des mobilités (LOM) désigne les collectivités comme actrices centrales dans la décarbonation de la mobilité, et met des outils à disposition pour s’en emparer (lire le communiqué du Shift). Cependant, les acteurs locaux ne sont pas aujourd’hui armés pour jouer le rôle qu’on leur demande, avec une efficacité à la hauteur de l’enjeu et des échéances. A fortiori dans les zones de moyenne densité, où la voiture est devenue la colonne vertébrale de la ville, et de la vie. 

Donner des clefs pour des politiques de mobilité cohérentes, et donc efficaces

Le Guide permet aux acteurs territoriaux d’identifier les bonnes pratiques de politiques de mobilité bas carbone, les freins à leur mise en œuvre, et leurs conditions de succès. Réduire les émissions de gaz à effet de serre liées à la mobilité implique d’agir sur les 3 composantes du système :

Le Guide est centré sur le mode de déplacement en ciblant les mesures pouvant être mises en place à horizon 5 à 10 ans. Il concerne également certaines mesures à plus long terme pour agir sur le besoin de déplacements. Une étude complémentaire, intitulée « Étude comparative de l’impact carbone de l’offre de véhicules » traite du profil environnemental des véhicules, de manière à éclairer également les choix publics.

5 territoires témoins, complémentaires

La politique de mobilité de cinq territoires a été étudiée :

  • Communauté d’Agglomération de la Région Nazairienne et de l’Estuaire (CARENE)
  • Communauté Urbaine d’Arras
  • Communauté Urbaine de Poitiers
  • Grenoble-Alpes Métropole
  • Eurométropole de Strasbourg

Dans chaque territoire, le travail a visé les « zones de moyenne densité » (composées des villes-centres des agglomérations de taille moyenne, et des premières voire début des deuxièmes couronnes des grandes agglomérations) : des territoires relativement denses, mais où l’urbanisation et l’espace public ont souvent été conçus autour de l’utilisation de la voiture particulière. C’est dans ces zones que se concentrent les enjeux les plus forts et les plus complexes de mise en place d’un système alternatif à l’autosolisme.

Face à un « système voiture », construire un « système alternatif »

Si la voiture est aussi incontournable dans nos sociétés, c’est parce qu’il ne s’agit pas seulement d’un véhicule, mais bien d’un système complet composé des infrastructures, des services, d’une fiscalité et d’un imaginaire puissant, construit depuis des décennies par des campagnes publicitaires. L’alternative doit nécessairement s’appuyer sur un système aussi abouti, où les véhicules, les infrastructures, les services, la fiscalité, et l’imaginaire ont une cohérence d’ensemble.

3 axes, à mettre en œuvre conjointement dans les zones de moyenne densité, sont explorés dans ce rapport :

  • Déconstruire le « système voiture » en agissant sur l’urbanisme pour réduire les distances, et sur les règles fiscales pour les rendre incitatives à l’usage de modes décarbonés, tout en rendant moins attractive la voiture en solo ;
  • Développer un système de modes actifs et partagés : marche, cycles, transports en commun, covoiturage ;
  • Susciter et accompagner le changement de comportement par des actions de communication et de pédagogie, et en accompagnant la mise en place de Plans de Mobilité Employeurs (PDM).

L’étude est le fruit d’un travail dirigé par Laura Foglia (laura.foglia@mobilites.net), cheffe de projet expérimentée et ingénieure spécialisée dans la planification des transport, et mené avec Alessia Clausse, chargée de projet (alessia.clausse@theshiftproject.org). Ce travail a bénéficié des contributions d’une centaine d’experts et de parties prenantes, notamment lors d’Ateliers Collaboratifs le 15 octobre 2019.

Contact : Jean-Noël Geist, Chargé des affaires publiques, The Shift Project – jean-noel.geist@theshiftproject.org | 06 95 10 81 91