Les grands acteurs de l’énergie appellent à un prix du carbone et une politique industrielle européenne

Le 15 octobre dernier, à l’occasion du salon et congrès World Efficiency, The Shift Project a réuni les dirigeants de Total, Areva, EDF ainsi qu’E.ON Renouvelables et la DG Energie dans le cadre d’une plénière inédite sur la décarbonation de l’énergie européenne. Modérée par Jean-Marc Jancovici, Président du Shift Project, la session a donné lieu à des échanges passionnants.

 

Retour sur la conférence exclusive du Shift Project sur la décarbonation de l’energie européenne

Avec Patrick Pouyanné (Total), Jean-Bernard Lévy (EDF), Philippe Varin (Areva),  Michael Lewis (E.ON Renouvelables),  Anne Houtman (DG Energie) et Jean-Marc Jancovici (The Shift Project)

 

 

Messages clés de la session :

L’appel unanime de la part des énergéticiens un prix du CO2 et d’une approche sur le long-terme afin notamment de déclencher les bons investissements et accélérer la sortie du charbon.

La nécessité d’une politique industrielle cohérente au niveau européen pour atteindre les objectifs de décarbonation.

 

Points saillants des interventions : 

Patrick Pouyanné, Directeur général et Président du Comité Exécutif de Total : passage 1 et passage 2

o La nécessité de la mise en place d’un marché du carbone et d’un prix du CO2 atteignant 30 à 40 euros

o L’absence de politique industrielle en Europe 

o La pertinence du rapport Canfin-Grandjean sur les propositions en matière de marché du carbone

o La fin des activités de Total liées au charbon et le choix de l’entreprise de ne pas exploiter en Arctique

o La place du gaz dans le mix énergétique

o Les investissements dans les renouvelables pour préparer le futur

o Le défi énergétique en Afrique

 

Jean-Bernard Lévy, PDG du groupe EDF : passage 1 et passage 2 

o La nécessité, pour décarboner :

  • de regarder la consommation plutôt que la production de CO2
  • de mettre en place des politiques fiscales et de marché favorisant la décarbonation
  • d’accélérer les processus de législation européenne
  • d’un prix du CO2 qui renverse l’ordre de mérite des sources d’énergie
  • de ne pas opposer nucléaire et renouvelables

o L’objectif d’EDF de plus que doubler le parc d’énergie renouvelable et continuer à investir

o La substitution de l’electricité à d’autres sources d’énergie dans le transport et le bâtiment

o La fin des nouveaux projets de centrales à charbon en Europe

o L’optimisation du portefeuille d’activités en Europe pour atteindre les objectifs de décarbonation

 

Michael Lewis, Directeur des opérations de E.ON Renouvelables : passage 1 et passage 2 

o La nécessité d’un prix du carbone beaucoup plus élevé et d’un marché EU ETS qui, bien qu’utile, doit être ajusté 

o Les investissements de l’entreprise, de l’ordre de 10milliards €, dans les renouvelables y compris offshore

o Les questions liées au stockage d’énergie renouvelable 

 

Philippe Varin, Président du Conseil d’Administration d’AREVA : passage 1 et passage 2

o La nécessité d’un signal prix du carbone et d’une approche sur le long terme

o Le rôle de ce signal prix dans la compétition entre le nucléaire décarboné et les énergies renouvelables

o La question de l’acceptabilité publique concernant le nucléaire

o La complémentarité du nucléaire avec le développement des renouvelables

 

Anne Houtman, Conseiller principal - Direction Générale de l’énergie - Commission Européenne : passage 1

o La priorité à donner à la réduction de la consommation et à l’efficacité énergétique, notamment dans le secteur des bâtiments

o L’importance des actions locales, nationales et régionales en complément de travail au niveau européen

o La nécessité de faire évoluer le marché des quotas d’émissions de CO2 et d’augmenter le prix du carbone

o Le manque de moyens pour construire une vraie politique industrielle au niveau européen