Le projet du Grand Paris est-il vraiment "bas-carbone" ?

RERC’est tout l’objet de l’étude de Carbone 4, présentée le 24 janvier dernier par Hélène Le Teno dans l’enceinte de Sciences-Po IDDRI, et relayé par un article d’actu-environnement. Alors que les débats sont très animés autour de ce grand projet d’infrastructure, les résultats présentés soulèvent de nombreuses questions. L’étude invite tout d’abord à « changer de lunettes », afin de comprendre que l’économie dans son ensemble, et donc les transports, vont être profondément affectés par la double contrainte énergétique et climatique. Plusieurs scénarios ont été envisagés pour prendre en compte diverses possibilités en matière de limitation des hydrocarbures, de développement d’énergie et de moyens de transport de substitution, ainsi que de volonté politique. Cette grille d’analyse permet d’évaluer la pertinence et la résilience des différents projets proposés pour le Grand Paris. Il apparaît alors clairement que le ferré n’est pas dans tous les cas une option « bas carbone ». Par exemple, le creusement d'un kilomètre de tunnel en région parisienne produit près de 40.000 tonnes de CO2, soulevant des questions légitimes sur la construction de nouvelles lignes de métro. Au contraire, renforcer les lignes existantes (notamment les RER) et mettre en place des lignes de tram-train sembleraient bien plus pertinent et résilient, car moins importants en infrastructures lourdes, en investissement et surtout en émissions de GES. 

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